Ce qui m’a frappé dans Le Ventre de Paris, ce sont les (nombreuses) descriptions de légumes, de fruits, de viandes. Elles sont même un peu longues parfois. Mais elles peuvent nous donner des indications sur ce que mangeaient les gens à cette époque. Je n’ai pas remarqué énormément de différence avec ce que l’on mange aujourd’hui. Les légumes sont les mêmes « Et le vernis mordoré d’un panier d’oignons, le rouge saignant d’un tas de tomates, l’effacement jaunâtre d’un lot de concombres, le violet sombre d’une grappe d’aubergines […] » (chapitre 1). Chez le boucher (chapitre 1) ainsi qu’au pavillon de la marée, (chapitre 3) on retrouve les mêmes produits que ce que l’on trouve aujourd’hui. Il n’y a que chez le charcutier que quelques plats sont différents : du veau piqué, de la hure aux pistaches… La description du roman que j’ai préféré, celle qui donne presque la nausée en lisant, c’est celle des fromages (chapitre 5). Zola parle mêmes des odeurs, de la chaleur de l’après-midi ainsi que des mouches mortes ! « Alors, commençaient les puanteurs : les mont-d’or, jaune clair, puant une odeur douceâtre ; les troyes, très-épais, meurtris sur les bords, d’âpreté déjà plus forte, ajoutant une fétidité de cave humide ; les camemberts, d’un fumet de gibier trop faisandé […] ».
Une chose qui m’a amusée, c’est l’allusion à La Curée, le roman précédant dans la série. Lisa Macquart parle de son cousin Saccard (un Rougon) qui fait fortune grâce à la spéculation. « J’ai un cousin à Paris… Je ne le vois pas, les deux familles sont brouillées. […] Je l’ai aperçu, l’autre jour, en voiture ; il était tout jaune, il avait l’air joliment sournois. Un homme qui gagne de l’argent n’a pas une mine de cette couleur-là. » (chapitre 2) La rivalité entre les Rougon et les Macquart, qui marque tout les Rougon-Macquart est bien décrite ici.
Il y a aussi un parallèle à faire entre Le Ventre de Paris et La Fortune des Rougon. Il s’agit de la description de Lisa Macquart et les traits de caractères qu’elle tient de son père. Ainsi Zola écrit : « Macquart parlait haut en elle ; elle n’était qu’une Macquart rangée, raisonnable, logique avec ses besoins de bien-être » (chapitre 2). Alors que dans La Fortune des Rougon, on trouve un passage ayant la même signification « Macquart avait mis en elle un besoin de bien-être très arrêté. » (chapitre 4) On est rassuré, il s’agit bien de la même personne !
Parmi les révolutionnaires que côtoie Florent, certains ont des idées, qui, je pense, étaient particulièrement avant-gardiste pour l’époque. En particulier, sur la condition des femmes. « La femme, […] est l’égale de l’homme ; et, à ce titre, elle ne doit pas le gêner dans la vie. Le mariage est une association… Tout par moitié. »
Au chapitre 4, Florent et Claude Lantier partent le dimanche se mettre au vert. Ils vont à la campagne à Nanterre, chez une maraîchère qui a son potager là-bas, et qu’ils croisent régulièrement près des Halles. La description de sa maison et de son potager est très bucolique. « Des haies vives le séparaient d’autres pièces de terre […] Une grande paix venait de cette campagne qu’on ne voyait pas. » A l’époque, Nanterre se situait donc en pleine campagne, et on y allait pour se ressourcer. Et dire que maintenant, c’est là que se situe le quartier d’affaire de la Défense !
Vous trouverez mon résumé ici.
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vendredi 14 octobre 2011
dimanche 9 octobre 2011
Le Ventre de Paris - Chronologie
Le schéma ci-dessus montre le temps dans le récit au fil des pages. Le premier chapitre se passe sur la même journée. Il est suivi par deux retours en arrière, pour expliquer l’histoire de Florent et Quenu. Florent accepte ensuite un poste d’inspecteur à la marée, il connaît des débuts difficiles. Puis plusieurs mois passent. Dans la deuxième moitié du roman, les actions sont assez rapprochées dans le temps.
Vous trouverez mon résumé ici et mon avis ici.
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jeudi 6 octobre 2011
Le Ventre de Paris - Résumé
Autrefois, l’équivalent du Marché d’Intérêt National de Rungis était situé en plein Paris, dans le quartier des Halles. C’est cette ambiance qui est décrite dans Le Ventre de Paris. Zola y décrit le travail des poissonniers, des bouchers, des charcutiers, des primeurs, des fleuristes. Tout un monde de commençants, qui travaillent dans cette grande fourmilière.
Le roman s’ouvre une nuit, au milieu des voitures de maraîchers qui se rendent à Paris. Florent, un républicain qui a été capturé suite au coup d’Etat et qui a ensuite été envoyé au bagne, s’est échappé et revient. Il va faire retrouver son frère un charcutier des Halles. Il sera même hébergée par lui et par sa femme Lisa Macquart.
Florent, au départ, ne voulais pas travailler. Il n’a pas les mêmes idées politiques que le pouvoir en place et donc il ne veut pas se fatiguer pour l’Empire. « Je me suis juré de ne rien accepter de l’Empire. » (chapitre 2). Ses idées sont diamétralement opposées à celles de Lisa qui pense que tout le monde doit travailler pour gagner son pain. « Et puis, l’empereur, n’est pas un méchant homme, mon cher. » Lisa va donc insister et Florent va finir par accepter, à contrecœur, un poste d’inspecteur à la marée.
Huit mois se passent ainsi. Zola nous décrit les rivalités entre les marchands des Halles, le café où Florent et d’autres républicains se retrouvent le soir, les orphelins des Halles... Peu à peu, les idées républicaines et même révolutionnaires de Florent commence à être connues. Lisa s’inquiète donc pour la réputation de son commerce. Un jour, elle va se demander si elle a le droit, moralement, d’aller fouiller dans sa chambre pour en avoir le cœur net. Un prête lui dira « qu’une âme juste avait le droit, le devoir même d’empêcher le mal, quitte à employer les moyens nécessaires au triomphe du bien. » (chapitre 5). Elle va donc, sans scrupule, aller regarder. Elle va trouver des plans assez détaillées de préparation d’une révolution. Lisa va voir le danger que cela représente pour son commerce : « elle vit ces hommes, […] voler les saucisses et les andouilles de l’étalage. ». Finalement, elle se décide à aller à la préfecture pour dénoncer Florent. Là, elle se rend compte qu’il est en fait connu des service de police depuis son débarquement au Havre. Il était filé, et tout le monde l’avait déjà dénoncé : les commères du quartier, des employés de Lisa… Quelques jours après, Florent sera arrêté par les gendarmes et de nouveau déporté à Cayenne.
Si vous voulez revivre l'ambiance d'un énorme marché alimentaire et suivre une intrigue politique, lisez Le Ventre de Paris. Vous pouvez retrouver mon avis ici.
Le roman s’ouvre une nuit, au milieu des voitures de maraîchers qui se rendent à Paris. Florent, un républicain qui a été capturé suite au coup d’Etat et qui a ensuite été envoyé au bagne, s’est échappé et revient. Il va faire retrouver son frère un charcutier des Halles. Il sera même hébergée par lui et par sa femme Lisa Macquart.
Florent, au départ, ne voulais pas travailler. Il n’a pas les mêmes idées politiques que le pouvoir en place et donc il ne veut pas se fatiguer pour l’Empire. « Je me suis juré de ne rien accepter de l’Empire. » (chapitre 2). Ses idées sont diamétralement opposées à celles de Lisa qui pense que tout le monde doit travailler pour gagner son pain. « Et puis, l’empereur, n’est pas un méchant homme, mon cher. » Lisa va donc insister et Florent va finir par accepter, à contrecœur, un poste d’inspecteur à la marée.
Huit mois se passent ainsi. Zola nous décrit les rivalités entre les marchands des Halles, le café où Florent et d’autres républicains se retrouvent le soir, les orphelins des Halles... Peu à peu, les idées républicaines et même révolutionnaires de Florent commence à être connues. Lisa s’inquiète donc pour la réputation de son commerce. Un jour, elle va se demander si elle a le droit, moralement, d’aller fouiller dans sa chambre pour en avoir le cœur net. Un prête lui dira « qu’une âme juste avait le droit, le devoir même d’empêcher le mal, quitte à employer les moyens nécessaires au triomphe du bien. » (chapitre 5). Elle va donc, sans scrupule, aller regarder. Elle va trouver des plans assez détaillées de préparation d’une révolution. Lisa va voir le danger que cela représente pour son commerce : « elle vit ces hommes, […] voler les saucisses et les andouilles de l’étalage. ». Finalement, elle se décide à aller à la préfecture pour dénoncer Florent. Là, elle se rend compte qu’il est en fait connu des service de police depuis son débarquement au Havre. Il était filé, et tout le monde l’avait déjà dénoncé : les commères du quartier, des employés de Lisa… Quelques jours après, Florent sera arrêté par les gendarmes et de nouveau déporté à Cayenne.
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